Étude de faisabilité d’un protocole de bridging périopératoire adapté au niveau de risque thrombo-embolique pour des patients en ambulatoire (publié le 19/04/2010)

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Rédacteur(s) :

groupe GITA

Publication : 

Pengo V, Cucchini U, Denas G, Erba N, Guazzaloca G, La Rosa L, De Micheli V, Testa S, Frontoni R, Prisco D, Nante G, Iliceto S; Italian Federation of Centers for the Diagnosis of Thrombosis and Management of Antithrombotic Therapies (FCSA). Standardized low–molecular-weight heparin bridging regimen in outpatients on oral anticoagulants undergoing invasive procedure or surgery. An inception cohort management study. Circulation 2009 ; 119 : 2920-7.

Pour tous, article in extenso disponible ICI

 

Résumé
Contexte. Un bridging par HBPM est habituellement recommandé lorsqu’une interruption des anticoagulants oraux est nécessaire avant la réalisation d’un acte invasif ou chirurgical. À ce jour cependant, aucun protocole de bridging adapté au risque thrombo-embolique propre à chaque patient n’est universellement reconnu. Cette étude prospective de cohorte a été conçue pour évaluer l’efficacité et la sécurité d’emploi d’un protocole de bridging individualisé chez des patients pris en charge en ambulatoire.
Méthodes. Les anticoagulants oraux étaient arrêtés 5 jours avant l’intervention. Le traitement par HBPM était débuté 3 à 4 jours avant l’intervention et poursuivi jusqu’au 6e jour postopératoire. Il était administré à la dose de 70 U anti-Xa/kg x 2/j chez les patients à haut risque thrombo-embolique et à dose prophylactique, une fois par jour, chez les patients à risque modéré ou faible. Les anticoagulants oraux étaient repris le lendemain de l’intervention, à la dose habituelle majorée de 50 % pendant 2 jours, puis à dose d’entretien (voir figure ci-dessous). La durée de suivi était de 30 jours.
Résultats. Sur les 1 262 patients inclus dans l’étude (dont seulement 15 % de porteurs de valves mécaniques), 295 (23,4 %) étaient à haut risque thrombo-embolique et 967 (76,6 %) à risque modéré à faible.
En intention de traiter, l’incidence des événements thrombo-emboliques a été de 0,4 % [IC95 % : 0,1-0,9] (5 cas), tous survenus dans le groupe à haut risque. Il a été observé 15 épisodes hémorragiques majeurs (1,2 % [IC95 % : 0,7-2,0]) et 53  épisodes hémorragiques mineurs (4,2 % [IC95 % : 3,2-5,5]). Les saignements majeurs étaient associés à l’administration d’HBPM deux fois par jour (patients à haut risque thrombo-embolique) mais non au risque hémorragique de l’intervention elle-même.
Conclusions. Ce protocole de bridging individualisé selon le risque thrombo-embolique des patients semble réalisable, efficace et sûr pour de nombreux patients ; cependant, sa sécurité d’emploi n’a pas été établie de manière formelle chez les patients porteurs de valves cardiaques mécaniques.


Commentaires
Nous ne disposons que de peu d’études prospectives dans le domaine du bridging. Les résultats de ce travail de Pengo et coll., réalisée avec un protocole conforme aux recommandations de l’ACCP, paraissent favorables.

figure : Protocole de bridging périopératoire par HBPM

Protocole de bridging périopératoire par HBPM
 

Mots-clés : Maladie thromboembolique veineuse - Thrombose veineuse profonde - Embolie pulmonaire - facteur de risque - Bridging

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